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ÉLECTIONS CAPNORD : LA PARITÉ ATTENDRA ENCORE !

Date de publication
16 avril 2026

La scène pourrait sembler anodine pour qui ne regarde que les équilibres politiques. Elle est en réalité profondément révélatrice d’un dysfonctionnement démocratique

En juillet 2020, déjà, une alerte avait été lancée. Dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires martiniquais, j’avais dénoncé une sous-représentation flagrante des femmes dans les exécutifs intercommunaux : à la CACEM, à la CAP Nord Martinique, comme à l’Espace Sud, les femmes plafonnaient autour de 20 % des vice-présidences. Un déséquilibre déjà préoccupant, mais qui semblait au moins reconnu.

Six ans plus tard, en avril 2026, le constat est accablant. À l’issue des élections au sein de CAP Nord Martinique, une seule femme figure parmi les onze vice-présidents : Marie-Thérèse Casimirius, élue 2e vice-présidente. Une seule. Là où il y en avait trois hier, il n’en reste qu’une aujourd’hui.

Ce n’est plus un déséquilibre. C’est un recul. Un recul net, brutal, difficilement justifiable dans une société qui, par ailleurs, se réclame de l’égalité et de la modernité.

Comment expliquer une telle régression ? L’argument des compétences ne tient pas : les femmes élues, nombreuses et engagées sur le territoire, n’ont jamais manqué. L’argument des équilibres politiques non plus : la parité est aujourd’hui un principe structurant de la vie publique. Reste alors une réalité plus dérangeante, que beaucoup préfèrent taire : celle d’un entre-soi persistant, où les logiques de pouvoir et, parfois, les considérations financières liées aux fonctions exécutives prennent le pas sur l’exigence démocratique.

Car il faut avoir le courage de le dire : dans certains cas, la fonction de vice-président devient moins un engagement au service du territoire qu’un levier d’indemnisation. Et lorsque les postes se raréfient, les arbitrages se font au détriment de celles qui devraient pourtant y accéder à égalité.

Le plus inquiétant, au fond, n’est peut-être pas cette situation en elle-même. C’est l’indifférence qu’elle suscite. Ni indignation collective, ni réaction politique forte. Comme si l’exclusion progressive des femmes des centres de décision relevait d’une fatalité silencieuse.

Or, il n’y a rien de fatal dans cette dérive. Il y a des choix. Et les choix engagent.

À l’heure des élections de 2026, une question simple doit être posée publiquement : quelle place voulons-nous réellement accorder aux femmes dans la gouvernance de nos territoires ?

Sans réponse claire, la parité restera un slogan. Et la démocratie, une promesse inachevée.

 

Martinique, le 18 avril 2026

Louis BOUTRIN
Conseiller Territorial.

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